Vendredi 3 septembre 2010
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Prothèses mammaires, liposuccion, lifting à moitié prix… Du Maroc à la Tunisie ou à la Roumanie, les tarifs de ces
interventions défient toute concurrence. Quels sont les risques ? Faut-il céder au bistouri discount ? Débat.
ÇA SE DIT
La chirurgie esthétique coûte cher ? Pas toujours. Car, dans ce domaine aussi, le low cost existe. Pose de
prothèses mammaires, nez tout neuf, rehaussement des fesses, lifting… sont proposés dans des pays comme la Tunisie, le Maroc, la Hongrie ou la Roumanie à bas prix : de un tiers à moitié moins
cher qu’en France. Autrement dit, environ 1 700 € pour une blépharoplastie Tunisie des
paupières et cernes contre 3 000 € en France, 1 900 € la liposuccion du ventre contre 3 200 € ; 2 200 € une augmentation mammaire Tunisie, contre 3 600 € ; ou encore 3 000 € le lifting contre le double à Paris (ces prix sont des
moyennes, en France comme à l’étranger, on peut trouver beaucoup plus ou moins cher). Les tarifs de ces périples comprennent vols, transferts jusqu’à un hôtel 4 étoiles, pension complète pendant
cinq jours, consultations et intervention chirurgicale. Bref, de vraies vacances et un coup de jeune en plus ! « Nous recevons 75 % de Français dont 80 % de femmes, souvent jeunes, qui demandent
surtout des interventions sur leur silhouette : modification du volume des seins, plasties abdominales ou lipoaspiration », explique Abderahmen El Arbi, general manager de l’un des
grands tour-opérateurs médicaux de Tunisie.
ÇA SE DIFFUSE
À ce jour, si on ne sait pas dire exactement combien de Français répondent à l’appel, il est certain qu’ils sont de plus en plus nombreux. Les médias ont diffusé l’offre, tout un maillage de
relais commerciaux a alimenté les cliniques. Coiffeurs, généralistes, esthéticiennes vantent ici ou là les mérites de la chirurgie à l’étranger et diffusent des adresses, tandis que des
tour-opérateurs attirent la clientèle via leurs sites internet fort bien faits.
ÇA SE DÉCHAÎNE
Le problème : cette publicité va généralement à l’encontre des règles d’éthique indispensables. « La patiente remplit son dossier sur Internet, découvre la clinique et le chirurgien seulement à
son arrivée. En France, elle choisit le chirurgien après avoir pris plusieurs avis ; de plus la loi Kouchner impose un délai de réflexion obligatoire », explique le Dr Sébastien Garson,
vice-président du Syndicat national de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique (1). Il poursuit : « Quand on fait miroiter les vacances en plus, j’émets des doutes. Les bains de mer et
le soleil sont des contre-indications absolues. »
ÇA SE DISCUTE
Y a-t-il plus de ratages au-delà des frontières ? Pas forcément, d’après les associations de victimes de la chirurgie. « Il y a d’excellents chirurgiens à l’étranger, formés dans les universités
françaises – certains opèrent d’ailleurs en France et à l’étranger – et la plupart des cliniques sont bien équipées », estime Muriel Bessis, présidente de l’association Arches (2). Le Dr Claude
Raulo, secrétaire générale du Syndicat de chirurgie plastique, experte auprès de la haute autorité de santé, tempère cet enthousiasme : « Ici, un chirurgien engage sa responsabilité pendant dix
ans, s’occupe du suivi et des éventuelles retouches gratuitement pendant quinze jours au moins. Après une intervention à l’étranger, aucun suivi n’est réellement prévu, et la patiente devra
trouver un autre chirurgien mais, en cas de complications, la Sécurité sociale ne prend pas en charge le suivi des interventions réalisées hors du territoire national. »
ÇA PROMET
Le filon des interventions low cost ne semble pas prêt de se tarir. « Je conseillerais aux femmes intéressées de se détacher de ce système de tourisme et de faire un voyage individuel avant
l’intervention, pour rencontrer les chirurgiens et visiter les cliniques, exactement comme on ferait en France », prône Muriel Bessis. Surtout, il convient de bien faire ses comptes : entre les
consultations de suivi, les retouches éventuelles, il est parfois plus avantageux de s’adresser aux chirurgiens dans l’Hexagone.
Source: article le Figaro: http://madame.lefigaro.fr/beaute/en-kiosque/3076-pour-ou-contrela-chirurgie-esthetiquelow-cost